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Basilique Santa Croce

  • sacred
  • 4.7
  • Prix: 8 € - 10 €
  • Horaires d'ouverture: 09:30 - 17:30 (dim 13:00 - 17:30)
Itinéraire
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Histoire

Les frères franciscains entamèrent la construction de cette vaste église en 1294, selon un plan attribué à Arnolfo di Cambio, l'architecte qui commença également la cathédrale de Florence. Les travaux furent financés en grande partie par les familles les plus riches de la ville, marchands de laine et banquiers — dont les Bardi, les Peruzzi et les Alberti — qui obtinrent en retour leurs propres chapelles le long du transept, plusieurs ornées de fresques de Giotto et de son atelier illustrant la vie de saint François et de saint Jean-Baptiste.

L'édifice mit plus d'un siècle à être achevé, et resta malgré tout dépourvu de véritable façade — seulement la pierre nue — pendant cinq cents ans encore. Ce n'est qu'en 1863 que fut ajoutée la façade de marbre néogothique que l'on voit aujourd'hui, dessinée par Niccolò Matas et financée par un mécène anglais : ce qui accueille les visiteurs sur la place est donc en réalité un ajout de l'époque victorienne à une église médiévale.

Temple des gloires italiennes

Depuis le XVIe siècle, Santa Croce sert de panthéon italien des arts et des sciences, et son sol comme ses murs sont couverts des tombeaux et monuments des plus grands noms du pays. Michel-Ange, mort à Rome en 1564, fut ramené clandestinement dans sa Florence natale et enterré ici sous un tombeau dessiné par Giorgio Vasari ; non loin repose Galilée, dont le monument funéraire dut cependant attendre près d'un siècle après sa mort en 1642 — condamné par l'Inquisition, il fut d'abord inhumé discrètement dans une pièce annexe, avant d'être transféré en 1737, une fois la controverse apaisée, à la place d'honneur qu'il occupe aujourd'hui.

Ailleurs dans l'église reposent le penseur politique Nicolas Machiavel et le compositeur Gioacchino Rossini, tandis qu'un grand cénotaphe honore Dante Alighieri — vide, car le poète est en réalité enterré à Ravenne, la ville qui l'accueillit en exil et qui a depuis toujours refusé de rendre ses restes à Florence. Cette concentration de sépultures illustres inspira au poète Ugo Foscolo son poème "Dei Sepolcri" ("Des tombeaux"), publié en 1807, qui consacra la réputation de l'église et son surnom durable de "temple des gloires italiennes".

Le saviez-vous ?

De longues portions de la nef et des chapelles furent autrefois recouvertes de fresques qui avaient pâli ou été blanchies à la chaux au fil des siècles ; la crue catastrophique de l'Arno en 1966, qui submergea la basilique sous jusqu'à quatre mètres de boue et d'eau, finit par déclencher des décennies de restauration qui en révélèrent et sauvèrent un grand nombre. La crue endommagea aussi, tristement célèbre, le grand Crucifix de Cimabue, conservé dans le réfectoire, qui reste aujourd'hui volontairement restauré en partie seulement, en souvenir de la catastrophe.

La chapelle des Pazzi, attenante au premier cloître, compte parmi les dernières et les plus harmonieuses œuvres de Filippo Brunelleschi, construite pour cette même famille Pazzi qui deviendrait tristement célèbre pour la conjuration de 1478 contre les Médicis. Sa géométrie parfaitement proportionnée — un cercle inscrit dans un carré, coiffé d'une coupole ornée de médaillons en terre cuite vernissée de Luca della Robbia — est souvent citée comme un exemple d'école de l'architecture du premier Quattrocento.

Bon à savoir

Un billet unique donne accès à la basilique, à la chapelle des Pazzi et aux cloîtres, un bon rapport qualité-prix pour un ensemble qui demande facilement une heure ou plus pour être visité sans se presser. Santa Croce reste une église consacrée où se tiennent des offices réguliers ; les visiteurs sont donc invités à s'habiller décemment — épaules et genoux couverts — et à parler à voix basse, notamment pendant la messe, lorsque les visites touristiques sont suspendues.

La basilique donne sur sa propre vaste place, dans le quartier de Santa Croce, à deux pas du Duomo, et se révèle en général bien moins fréquentée à l'ouverture qu'au fil de la journée. La photographie sans flash y est généralement autorisée, mais mieux vaut réserver du temps sans se presser pour la chapelle des Pazzi et le cloître, souvent négligés par les visiteurs qui filent directement vers les tombeaux.